C’est à moi que tu parles ?

taxiComme souvent lorsqu’on a besoin de soutien…
Du moins que l’on apprécierait ne pas être confronté à un quelconque refus gratuit…
Les fées perdent leur baguette magique et les faits vous mettent des bâtons dans vos roues, déjà grippées par le semi tragique de votre situation.
Ca m’est arrivé l’autre jour, avec un chauffeur de taxi. C’est un cas particulier de la profession, soit.

Besoin d’un service - payant - et on vous lâche ? Voyons comment sont ces gens…

L’histoire commence à la Berlinoise, une sorte de fuite à l’ouest, un peu plus à l’ouest et sans pendule pour faire diversion, cher Tryphon.

Me voilà chargée comme un onagre, rendue à Stalingrad avec une tonne de bagages d’hiver.
J’attends 3 minutes dans un froid husky. Pas de taxi à l’horizon.
Je me dis qu’un effort physique est à ma portée, le métro aérien est à peine à quelques mètres au-dessus de moi.
L’escalier mécanique est en réfection.
C’est normal, il charrie bien d’autres corps fatigués tout au long de la semain. Il n’a pas besoin de s’embarrasser à faire ça les dimanches soir.

J’optimise mon trajet jusqu’à porte d’Asnières.

Pas question de marcher 10 minutes depuis Wagram, pas que je sois trop voyante pour la police locale, mais mes paquets, qui pourraient contenir un demi-éléphant, ont l’air suspect.
Mon check point sera donc la station Villiers, il y a une borne de taxi à la sortie.
C’est plutôt bien provisionné en toute saison, même nocturne. C’est ça l’ouest.
Et puis les gens sont tellement accueillants.

Je remonte à la surface avec un escalier roulant bien nourri, et je me dirige, au hasard, droit vers le premier taxi de la file.
- Bonjour, je vais porte d’Asnières.
- Vous sortez du métro là, vous n’avez qu’à prendre le métro jusqu’à porte d’Asnières.
J’essaie de commencer une phrase pratique ” mais il n’y a pas de métro à porte d’Asnières…” avant de réorienter ma pensée sur l’argument martial ” dites donc, vous n’avez pas le droit de refuser la course”.
Et puis non, je ne dis rien.
Je me tire.

Le second taxi ouvre sa fenêtre.
- Bonjour, je vais porte d’Asnières.
- Vous connaissez le chemin ?
- Heu oui, on devrait s’en sortir. J’y suis déjà allée.
Je lui raconte mon aventure avec son homologue précédent. Il commence à hurler qu’il a pas le droit de refuser une course.
En passant à son niveau, il baisse la vitre et engueule l’autre :
- Hé, t’as pas le droit de refuser une petite course, connard !
S’il avait été à distance de crachat, c’est sûr, il l’aurait fait.
L’autre hausse un sourcil méprisant au-dessus de son journal.
Le feu passe au vert. On fait un tour de pâté de maison pour prendre la rue de Tocqueville.

6,90 € plus tard, j’arrive rue Juliette Lamber. Son salon est accueillant.

Et je décide d’oublier pendant 2 jours ce qui vient de se passer.

Une réponse à “C’est à moi que tu parles ?”

  1. aulive a écrit :

    Vous faîtes bien de préciser que ce cas est une exception. Les taxis parisiens, on a tous envie de les détsester mais pour la plupart ce sont des bons bougres qui travaillent beaucoup … comme bien d’autres vous me direz !!!

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