La gynécologue
Je prends rendez-vous chez ma gynécologue, voici un bail qu’on ne s’est pas regardé en face…
Le corps médical ausculte le mien…
Voyons comment sont ces gens ?
Alors comme d’habitude, j’arrive à l’arrache, un peu essouflée, quelques minutes de retard, mais moins de 5.
La dame me fait entrer dans son cabinet et me demande si tout va bien.
Oui, tout va bien, je viens vous voir parce que…
et je lui donne la raison.
Je suis déjà assez mal assurée de ma capacité à prendre cette décision, en tout cas bien moins que de faire les choses en vrai, sur un malentendu.
Ca m’a d’ailleurs fait bizarre de m’entendre dire cela.
Comme d’habitude, la dame ausculte, avec attention et douceur, toutes les parties de mon corps qui rendent évidentes mon caractère féminin.
No comment.
Je me pèse.
Ouh là là, me dit-elle, en reprenant l’historique de mes masses mesurées depuis 2002, va falloir faire attention !
Je pense pour moi-même : “Oui, c’est vrai, désolée de vous offrir cette absence de dignité féminine et tout ce laisser-aller adipeux.”…
Entre autres vatfaire.
Pour conclure et me permettre de repartir avec des vrais cadeaux, la dame me prescrit tout un tas de machins à vérifier, des vitamines à prendre pour éviter “certaines complications” et une méthodologie des années 1950 pour vérifier que mes cycles tournent bien rond.
Ca va occuper mes matinées et me distraire, ça c’est sûr…
Après tout, pourquoi pas, ça fait quelques années que je n’ai pas fait de relevés aussi scientifiques à consigner sur un beau graphique.
Je n’ai pas tout perdu, elle me refourgue son papier millimétré en échange de mon papier paraphé.
Avant que je la quitte, la gynéco me regarde droit dans les yeux avec un léger sourire narquois et dit :
“Revenez s’il ne se passe rien, parce que dans ces cas-là, ça ne sert à rien d’attendre.”
Bon cette fois c’en est trop, je m’en vais.
De toute façon, je suis encore motivée… Ma décision est parfaitement claire.
Enfin, à ce moment là.
De vous à moi, je l’ai quand même traité de sorcière dans ma tête.
Aujourd’hui, je me demande si j’aurais pas davantage besoin d’un psy.
Mais non, je ne bavarde pas assez pour accepter de payer pour parler.