Millésime 3/5
Acte 3 :
Dans une sorte d’épais brouillard strabisant, je marche vers la sortie. Après avoir jeté un dernier regard en direction de la piste de danse, je ne vois plus qu’un moonwalk de balais brosses très stylés.
Une sortie sans fanfare par le grand tunnel qui relie la piste de danse à l’extérieur, la nuit, l’air frais, un peu froid, mais c’est bon pour ce que j’ai. Les videurs sont encore là eux aussi. Sur le départ, un peu.
Un type immense et beau, enfin, c’est comme ça que je le vois dans mes brumes, un Noir en cuir noir, qui mesure près de 2 mètres, peut-être un peu plus, à l’air d’insister pour me raccompagner.
Je n’ai pas tellement l’énergie de me battre pour qu’il reste là, et puis je crois que je préfère un type identifié dans la soirée qu’à une rencontre aléatoire et probable dans le petit matin bleu.
Comme une bécasse avinée et confiante, je lui dis que je n’habite pas loin. Enfin, après tout, pourquoi pas. Le type me parle, le chemin est décidément très court, mais malgré tout, accompagnée d’un type dont je n’ai pas l’imagination de me débarrasser, il me paraît long.
On arrive devant chez moi. Je dois avoir un moment d’absence ou d’inconscience, puisqu’il me suit au delà de la porte cochère. On se retrouve donc tous les deux dans le hall, face à la cour, la loge de la concierge à gauche, mais elle doit très profondément embrasser Morphée, qui n’est pas bégueule, en cette première matinée de l’année.
